Soufisme au Maroc
L'histoire du Maroc musulman peut être classée en deux grandes périodes:
- la période d'avant la prise de la ville de Sebta par les Espagnols en 1415 (A.c). Celle-ci s'est caractérisée, au niveau interne, par la constitution d'un pouvoir central doté d'institutions propres et, au niveau international, par trois siècles de présence militaire et politique en Andalousie. Le soufisme marocain, lui, se verra défini¬tivement rattaché à l'école du maître égyptien al-Junayd à travers diverses voies dont les plus importantes sont celles de Abû-l-Fadl al-Jawharî al-Masrî et celle, au IXème siècle de l'hégire, incarnée par les shaykhs Ahmad zarrûq et Abû 'Abd Allâh al-jazûlî maillons majeurs de la chaîne de transmission spirituelle;
- la deuxième période débute avec la Reconquista espagnole et la chute de Grenade en 1492. celle-ci sera marquée, d'une part, par un embargo politique imposé par les pressions étrangères, et, d'autre part, par la mobilisation des forces internes du pays et par la propagation de ce que certains chercheurs ont appelé "la piété populaire", phénomène qui aura largement contribué au retour des chorfa au pouvoir, plébiscités par les masses populaires qui les placèrent sur le trône.
Au cours de cette période, le mouvement soufi, que l'on ne saurait assimiler à l'expression d'une réaction de repli massif et de déception causée par le déclin du pays, consistait au contraire en un mouvement tendu vers la réorganisation des forces vives du pays en vue de les mobiliser de nouveau, et de les préparer aux défis que l'Etat et la société étaient appelés à affronter.
Il revint au soufisme d'assumer durablement un rôle d'encadrement à travers les multiples fonctions qu'il devait remplir, à l'époque alaouite notamment, à l'échelle locale et nationale, sur les plans religieux, éducatif, socio-économique et politique.
Fonctions religieuses
- Diffusion de la doctrine musulmane parmi les groupements et les tribus établis dans des régions non conquises par les musulmans;
- Diffusion de l'enseignement islamique au sein de tribus dont la connaissance de l'Islam ne dépassait pas la simple profession de foi;
- Organisation de rassemblements religieux ayant pour objectif le bien de la société ;
- Mobilisation pour la lutte nationale dans les moments cruciaux, notamment lorsque le pays devait faire face aux menaces extérieures ;
- Encadrement du pèlerinage aux Lieux saints de L'Islam.
Fonctions éducatives et culturelles
- Initiation de la population à l'apprentissage du coran;
- Construction d'instituts scientifiques et le fait d'en assurer la gestion;
- création de bibliothèques;
- Encouragement des auteurs à rédiger des traités;
- Diffusion de la culture orale dans des réunions culturelles.
Fonctions sociales
- Renforcement de la solidarité sociale en assurant aux pauvres le gîte et le couvert, surtout en période de famine;
- sécurisation des routes;
- Protection des provinces contre les abus des gouverneurs injustes;
- - Recherche d'un équilibre économique entre les localités par la prise en charge des plus pauvres;
- contrôle des accords de coexistence pacifique entre localités voisines dont la situation était susceptible de donner lieu à un conflit;
- Levée des obstacles pouvant s'élever entre tribus;
- - Encadrement et insertion sociale des marginaux et des étrangers;
- Diffusion de l'information et stimulation de la communication.
Rôles économiques
- Mise en valeur agricole des terres épuisées;
- Reboisement;
- Forage des puits;
- Organisation des arts et métiers dans les cités;
- contrôle de la sécurité dans les souks;
-création de liens entre des régions aux atouts complémentaires.
Fonctions politiques
- Exhortation à l'allégeance à l'Imam;
- Médiation salutaire entre gouvernants et gouvernés.
Cependant, porté par les Marocains, le soufisme a surtout contribué de manière décisive, à travers sa méthode cognitive, à la diffusion de la morale islamique. Il a permis également d'étendre le renom des grandes figures du soufisme marocain à l'orient et à l'Afrique, mais aussi, à l'époque contemporaine, à l'Europe et à l'Amérique.
Toutes ces fonctions constituent la preuve que le soufisme marocain est profondément marqué par son engagement au niveau social et civilisationnel. Il est à cet égard regrettable de constater que la majeure partie des études relatives à ce riche patrimoine porte sur la sa dimension philosophique quand c'est la fonction éthique et morale du mouvement soufi qu'il conviendrait de repérer et d'analyser pour la mettre en lumière tant il est vrai, comme dit l'adage soufi, que "celui qui te surpasse en vertus morales, te surpasse également en expérience spirituelle".
Car c'est d'éthique que nous avons le plus cruellement besoin aujourd’hui : dans la famille, l'administration, le commerce et la politique. Une autre sentence du soufisme proclame que "le soufi est fils de son temps". Ce sont là, assurément, deux dimensions de la formation de la personne que l'Islam appelle aujourd'hui de tous ses vœux et ce, dans tous les domaines de la vie.
Une telle orientation mériterait d'être intégrée dans nos programmes d'enseignement. Les manuels ne devraient pas se limiter à faire état du martyr de Husayn al-Hallâj, du scepticisme d'Abû Hâmid al-Ghazzâlî, des belles conquêtes spirituelles de Muhyî al-Dîn ibn al-'Arabî, ou de l'esthétique poétique de jalâl al-Dîn al-Rûmî. Ils devraient s'ouvrir sur d'autres branches du soufisme, d'autres écoles spirituelles comme celle d'Abû-l- 'Abbâs al-sabtî dont la doctrine reposait sur la solidarité par le don ininterrompu.
- la deuxième période débute avec la Reconquista espagnole et la chute de Grenade en 1492. celle-ci sera marquée, d'une part, par un embargo politique imposé par les pressions étrangères, et, d'autre part, par la mobilisation des forces internes du pays et par la propagation de ce que certains chercheurs ont appelé "la piété populaire", phénomène qui aura largement contribué au retour des chorfa au pouvoir, plébiscités par les masses populaires qui les placèrent sur le trône.
Au cours de cette période, le mouvement soufi, que l'on ne saurait assimiler à l'expression d'une réaction de repli massif et de déception causée par le déclin du pays, consistait au contraire en un mouvement tendu vers la réorganisation des forces vives du pays en vue de les mobiliser de nouveau, et de les préparer aux défis que l'Etat et la société étaient appelés à affronter.
Il revint au soufisme d'assumer durablement un rôle d'encadrement à travers les multiples fonctions qu'il devait remplir, à l'époque alaouite notamment, à l'échelle locale et nationale, sur les plans religieux, éducatif, socio-économique et politique.
Fonctions religieuses
- Diffusion de la doctrine musulmane parmi les groupements et les tribus établis dans des régions non conquises par les musulmans;
- Diffusion de l'enseignement islamique au sein de tribus dont la connaissance de l'Islam ne dépassait pas la simple profession de foi;
- Organisation de rassemblements religieux ayant pour objectif le bien de la société ;
- Mobilisation pour la lutte nationale dans les moments cruciaux, notamment lorsque le pays devait faire face aux menaces extérieures ;
- Encadrement du pèlerinage aux Lieux saints de L'Islam.
Fonctions éducatives et culturelles
- Initiation de la population à l'apprentissage du coran;
- Construction d'instituts scientifiques et le fait d'en assurer la gestion;
- création de bibliothèques;
- Encouragement des auteurs à rédiger des traités;
- Diffusion de la culture orale dans des réunions culturelles.
Fonctions sociales
- Renforcement de la solidarité sociale en assurant aux pauvres le gîte et le couvert, surtout en période de famine;
- sécurisation des routes;
- Protection des provinces contre les abus des gouverneurs injustes;
- - Recherche d'un équilibre économique entre les localités par la prise en charge des plus pauvres;
- contrôle des accords de coexistence pacifique entre localités voisines dont la situation était susceptible de donner lieu à un conflit;
- Levée des obstacles pouvant s'élever entre tribus;
- - Encadrement et insertion sociale des marginaux et des étrangers;
- Diffusion de l'information et stimulation de la communication.
Rôles économiques
- Mise en valeur agricole des terres épuisées;
- Reboisement;
- Forage des puits;
- Organisation des arts et métiers dans les cités;
- contrôle de la sécurité dans les souks;
-création de liens entre des régions aux atouts complémentaires.
Fonctions politiques
- Exhortation à l'allégeance à l'Imam;
- Médiation salutaire entre gouvernants et gouvernés.
Cependant, porté par les Marocains, le soufisme a surtout contribué de manière décisive, à travers sa méthode cognitive, à la diffusion de la morale islamique. Il a permis également d'étendre le renom des grandes figures du soufisme marocain à l'orient et à l'Afrique, mais aussi, à l'époque contemporaine, à l'Europe et à l'Amérique.
Toutes ces fonctions constituent la preuve que le soufisme marocain est profondément marqué par son engagement au niveau social et civilisationnel. Il est à cet égard regrettable de constater que la majeure partie des études relatives à ce riche patrimoine porte sur la sa dimension philosophique quand c'est la fonction éthique et morale du mouvement soufi qu'il conviendrait de repérer et d'analyser pour la mettre en lumière tant il est vrai, comme dit l'adage soufi, que "celui qui te surpasse en vertus morales, te surpasse également en expérience spirituelle".
Car c'est d'éthique que nous avons le plus cruellement besoin aujourd’hui : dans la famille, l'administration, le commerce et la politique. Une autre sentence du soufisme proclame que "le soufi est fils de son temps". Ce sont là, assurément, deux dimensions de la formation de la personne que l'Islam appelle aujourd'hui de tous ses vœux et ce, dans tous les domaines de la vie.
Une telle orientation mériterait d'être intégrée dans nos programmes d'enseignement. Les manuels ne devraient pas se limiter à faire état du martyr de Husayn al-Hallâj, du scepticisme d'Abû Hâmid al-Ghazzâlî, des belles conquêtes spirituelles de Muhyî al-Dîn ibn al-'Arabî, ou de l'esthétique poétique de jalâl al-Dîn al-Rûmî. Ils devraient s'ouvrir sur d'autres branches du soufisme, d'autres écoles spirituelles comme celle d'Abû-l- 'Abbâs al-sabtî dont la doctrine reposait sur la solidarité par le don ininterrompu.
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